Rien à Déclarer

Rien à déclarer est un film franco-belge réalisé par Dany Boon, sorti en 2010.

Malgré des critiques peu élogieuses, j’ai aimé ce film (je suis fan de Dany Boon).

Gérard Lefort écrit dans Libération : Le plus navrant naufrage concerne Benoît Poelvoorde qui n’a vraiment rien à déclarer, sinon une capacité autodestructrice à s’abîmer en grimaces sordides. Triste. ce film n’est peut-être pas un chef d’oeuvre du genre, mais je ne suis pas du tout d’accord avec cette critique.

Ceci étant, j’ai repéré une scène que j’adore et que je trouve absolument géniale. Elle n’est pas très longue, elle dure 1 minute et 9 secondes.

Laurent Capelluto, Laurent Gamelon, Bruno Lochet

Le dessus des cartes (1)

Raymond Souplex (Antoine Bourrel) et Jean Daurant (Dupuy, aussi orthographié Dupuis dans certaines émisions)

Scène que je trouve absolument géniale de vérité entre Bourrel et Dupuy. Où l’on voit que les relations entre dominant et dominé ne sont pas simples, surtout pour celui qui est dominé, naturellement, et qui doit composer sans se laisser écraser.

Réalisation : Claude Loursais. Scénario : André Maheux. Adaptation : Henry Grangé.

Première diffusion, le 6 septembre 1960 sur la première chaîne de la RTF. Cet épisode et le 17ème.

Les cinq dernières minutes était une émission diffusée entre 1958 et 1973. La première date du 1er janvier 1958. D’abord diffusée en direct, elle était présentée sous forme de jeux. Deux candidats, isolés dans une cabine, suivaient l’émission et devaient, à la fin, désigner le coupable, preuve(s) à l’appui. Avant de se prononcer, ils avaient la possibilité de revoir deux séquences, ce qui demandait une grande prouesse de la part des interprètes et des techniciens.

Je parle, ici, de la première série qui s’est achevée en 1973 avec le décès de Raymond Souplex. Elle s’est poursuivi pendant de nombreuses années, le nom du commissaire (Bourrel) ayant été débaptisé en hommage au créateur du personnage. Elle compte 54 épisodes (que j’ai vus et revus je ne sais combien de fois.).

On y découvre des interprètes débutants ou chevronnés qui sont toutes et tous aussi remarquables les un.es que les autres.

C’est cette émission qui a lancé la carrière de chanteuse de Colette Deréal, déjà connue comme comédienne.

Désolé pour ceux qui ne parlent pas la langue…

Mulholland drive

Une scène érotique. Une scène d’amour saphique, mais un film génialissime. Un film pour comédiennes et pour comédiens. Un film où les interprètes sont mis en valeur. Car David Lynch aime les acteurs et il les filme avec amour. Eraserhead, Mulholland Drive, Twin Peaks, Blue Velvet (ce n’est pas celui que je préfère), Lost Highway et même Une histoire vraie (The Straight Story) (que je n’aime pas du tout. Mais il y a Harry Dean Stanton et la magnifique Sissy Spacek) et bien sûr Elephant Man.

L. F. Céline

Un travail historique récent démontre que Céline a été un agent actif de l’Allemagne nazie, et notoirement proche de certains milieux collaborationnistes pendant l’Occupation de la France par l’Allemagne. Le rôle qu’il a joué durant cette période a longtemps été minoré, avant que la recherche historique ne fasse la lumière à ce sujet. Son antisémitisme s’est exprimé avec virulence dans des pamphlets dès 1937.

Court extrait d’une interview réalisée en 1959

Louis-Ferdinand Céline, faux cul du début à la fin. Le journaliste le piège : Vous m’avez dit, un jour, que vous vous considériez comme le plus grand écrivain vivant. Il ne réagit pour ainsi dire pas, ou à peine. C’est un peu exagéré, répond en substance l’affreux. Céline savait très bien que son style était novateur, qu’il avait inventé quelque chose d’inédit. Il l’écrit très clairement dans une lettre adressé à Gallimard au moment de Voyage au bout de la nuit. Pour l’éditeur qui aura le courage de publier ce livre, c’est le prix Goncourt assuré. Gallimard ne publiera pas le Voyage, comme on l’appelle, il sera publié par Denoël, autre antisémite notoire, qui finira assassiné en 1945 dans d’étranges circonstances. Céline était un écrivant de grand talent, certes, mais c’était surtout un salaud de la pire espèce. Comment ne pas y penser en lisant ses livres. Certains disent, ils y a deux Céline, celui du Voyage, de Mort à crédit et celui des Beaux draps ou de Bagatelles pour un massacre, autrement dit, un bon et un mauvais. Non. Il n’y a qu’un Céline qui s’est, peut-être, forcé à écrire des livres globalement propres sur eux pour vendre, même si rien n’était assuré étant donné la nature de son style. Mettre en avant ses oeuvres propres, c’est quelque part nier, mettre à part, ses oeuvres sales, comme si elles étaient un accident, du laisser-aller, alors que Céline est partout, dans les unes comme dans les autres.

Le Monde des livres du 8 février 2017, compte rendu de Céline, la race, le juif. Légende littéraire et vérité historique d’Annick Duraffour et Pierre-André Taguieff, Fayard, 1 178 pages, 35 €.

L’absurde

Le sentiment de l’absurde peut surgir de la « nausée » qu’inspire le caractère machinal de l’existence sans but ; il peut naître du sentiment de l’étrangeté de la nature, de l’hostilité primitive du monde auquel on se sent tout à coup étranger. Ou encore de l’idée que tous les jours d’une vie sans éclat sont stupidement subordonnés au lendemain, alors que le temps qui conduit à l’anéantissement de nos efforts est notre pire ennemi. Enfin, c’est surtout la certitude de la mort, ce « côté élémentaire et définitif de l’aventure » qui nous en révèle l’absurdité. En fait, ce n’est pas le monde qui est absurde mais la confrontation de son caractère irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’homme. Ainsi l’absurde n’est ni dans l’homme ni dans le monde, mais dans leur présence commune. Il naît de leur antinomie. « Il est pour le moment leur seul lien. Il les scelle l’un à l’autre comme la haine seule peut river les êtres. »

Albert Camus au journal Combat, qu’il dirige de 1943 à 1947

Ce monde en lui-même n’est pas raisonnable, c’est tout ce qu’on peut en dire. Mais ce qui est absurde, c’est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’homme. Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.

Un jour seulement, le ‘pourquoi’ s’élève et tout commence dans cette lassitude teintée d’étonnement. Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.

L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde. Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.

Rebekah Del Rio

Llorando magnifiquement interprété par Rebekah Del Rio dans le film de David Lynch, Mulholland Drive (2001 – Studiocanal, Les Films Alain Sarde, Asymmetrical Productions, Babbo Inc.,The Picture Factory), avec, notamment Naomi Watts, Laura Harring, Justin Theroux, Ann Miller et Angelo Badalamenti.

Ce film, un autre film de David Lynch, m’a totalement fasciné. Je l’ai vu à sa sortie et je me souviens avoir vécu avec lui pendant plusieurs jours. J’avoue que, sur le moment, je n’ai pas très bien saisi les deux partie. La partie réelle et la partie rêvée, ou fantasmée, par le personnage interprété par Naomi Watts. Ce n’est que bien après que j’ai compris. Tout est génial. Le scénario, la réalisation, l’interprétation. Décidément, David Lynch est pour moi un rêveur, un poète, doté d’une intelligence remarquable qui lui permet de mettre en forme ses rêves sans les dénaturer. Car tous ses films sont comme des rêves éveillés, ses films mais aussi sa série Twin Peaks qu’il a créé et écrit avec Mark Frost. C’est comme s’il avait un accès direct à une partie de son cerveau qui nous est parfaitement inconnue, sauf, peut-être lorsque nous rêvons.