Henri Guillemin

Qui était Henri Guillemin ? : Henri Guillemin était un historien. Mais un historien peut être pas tout à fait comme les autres. Et si je dis pas tout à fait comme les autres, c’est qu’il était considéré par nombre de ses confrères comme un polémiste, un partisan. Il est vrai que c’était un homme de gauche, un vrai, lui, et que ça se voyait, ça s’entendait, surtout lorsqu’il vous racontait une histoire, lorsqu’il vous racontait l’histoire. Et il l’a beaucoup racontée, notamment lors de conférences qu’il a donné à la télévision suisse romande entre les années soixante et les années quatre-vingt. Et c’est autant ce qu’il racontait que sa façon de raconter qui m’a, n’ayons pas peur des mots, fasciné.

S’il était polémiste, ou partisan, j’ai été, oui, c’est le mot, fasciné par sa force de conviction, par la passion qu’il mettait à nous raconter Napoléon (qu’il n’épargne pas) ou Pétain (qu’il épargne encore moins) ou Jeanne d’Arc (pour laquelle il éprouve tendresse et admiration) ou la Commune. Et si on a pu lui reprocher une certaine subjectivité, parce qu’il aurait privilégié, sciemment ou non, tel témoignage plutôt que tel autre, il suffit de l’entendre pour découvrir un homme intelligent, drôle et souvent sarcastique.

Et s’il pouvait avoir tendance à s’éloigner quelque peu de la vérité historique il était, en tout cas, sincère et vrai dans l’approche des personnages ou des faits qu’il évoquait, et je pense, là, tout particulièrement à la Commune.

Qu’est-ce que c’est la Commune ? De quoi s’agit-il ? C’est l’histoire d’hommes et de femmes qui veulent la liberté, qui veulent la république, pas une république de bourgeois, de nantis, de gens de bien ou d’honnêtes gens, c’est parait-il ainsi qu’ils se désignaient eux-mêmes, non, une république ou chacun aurait sa part de bonheur et où les pauvres, la canaille, comme les appelaient certains, ne seraient pas condamnés à rester pauvres. Pauvres et muets, car qui aurait souhaité leur donner la parole au risque de voir s’écrouler un équilibre social ou les pauvres sont de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches. L’histoire est un éternel recommencement dirait-on.

Henri Guillemin est du côté du peuple, cela est certain et est-ce tromperie que de voir l’histoire de son côté et non de celui des gens de biens, je ne le crois pas. Mais je ne suis sans doute pas très objectif.

On disait de lui, et on le dit encore, qu’il était un merveilleux conteur. Sans doute. Mais pas seulement. C’était un passionné, un humaniste, un honnête homme qui ne cherchait pas les honneurs et aussi un homme courageux qui n’hésitait pas à remettre en question l’histoire officielle. A cet égard, ce qu’il dit sur Pétain, que beaucoup ont essayé de faire passer pour une victime, est frappant, car l’on sait aujourd’hui que la politique de Vichy, de l’état français, était une politique agressive, conduite d’une main de fer par un homme qui n’aimait ni la république, ni ce qui pouvait ressembler, de près ou de loin, au socialisme.

Historien, critique littéraire, conférencier et polémiste français reconnu pour ses talents de conteur historique et pour ses travaux sur les grands personnages de l’histoire de France.
(Source Wikipédia)

Les vidéos d’Henri Guillemin sont disponibles sur le site de la Radio Télévision Suisse (RTS).

Henri Guillemin, Historien, Jeanne, La Commune